Le Contrat de Bonne Pratique
(ou CBP)
Le Contrat de Bonne Pratique est intervenu dans la Convention
Nationale Infirmière lors du 3éme avenant,
paru au Journal officiel le 27 février 2003, est l’une
des applications fixée par la Loi n° 2002-322
du 6 mars 2002.
Dans le texte Conventionnel, ce contrat prend le terme de
Contrat de Pratique Professionnelle, qui a été préféré par
les représentants de la profession à la terminologie
initiale de la Loi. Effectivement la notion de bonne pratique
pouvant laisser penser en l’existence d’une mauvaise
pratique, pour qui ne répondrait pas au contrat, hors
il n’en n’est rien.
Rappelons que la Loi dite du 6 mars 2002 a pour but de rénover
les rapports entre l’Assurance Maladie et l’ensemble
des professions de santé. La mise en place des différents
contrats est une obligation pour toutes les professions médicales
et paramédicales.
L’étude détaillée du Contrat
le définit tout d’abord comme un contrat individuel,
c'est-à-dire propre à chaque professionnel
qui le souhaite et qui est dans la possibilité de
le signer.
Il apporte à ce professionnel un complément
forfaitaire annuel de rémunération de 600€.
On notera le caractère facultatif et optionnel exempt
de toute répression.
Pour être en mesure de signer le CBP et prétendre
percevoir la rémunération forfaitaire, l’engagement
de l’infirmière porte sur quatre points.
- 1er point : L’engagement relatif à l’évaluation
de la pratique.
Cet engagement se concrétise par la participation,
chaque année, à une action de formation continue
conventionnelle, comportant un module d’évaluation
de l’impact de la formation sur la pratique.
Sur ce point là, nous attirons votre attention sur
le fait que seules les actions de formation réalisées
dans le cadre de Santé Formation sont des actions
Conventionnelles et donc les seules à répondre à cet
engagement.
- 2ème point : l’engagement relatif aux modalités
de suivi de l’activité avec le service Médical.
Ce chapitre inclus différents éléments
:
- Le suivi par l’infirmière des recommandations
de bonne pratique, énoncées par les sociétés
savantes et en particulier aujourd’hui par la Haute
Autorité de Santé (HAS) anciennement, Agence
Nationale d’Accréditation et d’Evaluation
en Santé (ANAES).
- Le suivi par le Contrôle Médical de la Caisse
qui pourra demander tous les documents législatifs
et professionnels comme DSI, dossiers de soins et de transmissions.
Utilisation de ces documents sont rendus obligatoires également
par le Décret de Compétence n° 2002-194
du 11 février 2002 ainsi que par le Décret
n°93-221 du 16 février 1993relatif aux règles
professionnelles des infirmières. La convention
et le CBP ne font donc que reprendre là, les termes
des Lois qui s’imposent aux infirmières.
- 3ème point : L’engagement relatif au niveau
d’activité.
C’est le seul critère permettant l’accès à la
signature du CBP. Les autres points avec la persistance de
celui-ci sont donc non pas des critères d’entrée,
mais des critères de réalisation.
Pour ce faire, l’activité de l’année
précédant la signature ainsi que l’année
d e réalisation du contrat en cours, doit être
comprise entre 2900 actes et 9000 actes dont 3300 actes en
AIS. Une variation régionale de 10% est possible en
fonction de la situation démographique. C’est
le Relevé Individuel d’Activité (RIA)
qui sert de témoin de l’activité.
Ce troisième engagement nécessite quelques
précisions, on y voit apparaître la notion d’actes
sensiblement différents de la notion de coefficients.
L’application des seuils d’activités lors
des conventions de 1992 et 1997 se faisait sur la notion
de coefficients, qui est l’indice multiplicateur et
tarifaire de l’acte. Prenons l’exemple d’une
série de 10 pansements lourds et complexes tel que
définit au chapitre I article 3 de la Nomenclature
Générale des Actes Professionnels (NGAP) et
coté AMI 4, soit un total pour la série de
10 AMI4. L’indice 4 et multiplié par 10 (nombre
de pansements) donnant au niveau des seuils 40. En ce qui
concerne le niveau d’activité du contrat on
retiendra AMI4 comme 1 acte multiplié par 10 pansements
donc 10 actes. C’est ainsi que statistiques à l’appui
près de 60% des professionnels infirmiers seraient
en mesure de signer un CBP.
- 4ème point : L’engagement relatif à la
participation de l’infirmière aux actions de
l’Assurance Maladie à destination des assurés.
« L’infirmière pourra
participer aux programmes d’information... ».
Ce dernier point est un engagement susceptible d’être
demandé à l’infirmière
dans un cadre partenarial basé sur l’éducation
et l’information des assurés. Tout comme au
point 2 on retrouvera au niveau de la Loi et notamment au
niveau du Décret de Compétence, cette implication
de l’infirmière dans l’éducation à la
Santé.
En contre partie et nous l’avons vu plus haut l’infirmière
percevra un complément forfaitaire de rémunération
de 600€.
Mais que se passe t-il, si ces engagements ne peuvent ou
ne sont pas respectés ?
L’avenant conventionnel ne prévoit aucune sanction
particulière, hors mis le fait de ne pas pouvoir percevoir
le complément forfaitaire de rémunération.
Ce contrat proposé aux infirmières est donc
bien un engagement qui rémunère une pratique
professionnelle de qualité.
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