Une culture nouvelle pour la formation continue
Un peu d’histoire
La formation professionnelle continue joue un rôle accru dans le système éducatif
et dans la vie économique d’un pays. Elle repose sur un important
dispositif législatif dont le socle a été posé en
1971, et ce dans le but de répondre à de grands objectifs d’efficacité économique,
de lutte contre l’exclusion sociale, de promotion sociale et de développement
culturel, inscrits dans le Code du Travail.
On peut situer l’origine de
la Formation Professionnelle au projet Condorcet de 1792 qui définissait
l’éducation permanente et envisageait
une formation poursuivie pendant toute la durée de la vie : « l’homme
est éducable à tout âge ». Les périodes de bouleversement
politique ont vu par la suite naître des associations culturelles telles
que l’Association Polytechnique (créée en 1830) ou encore
la Ligue de l’Enseignement (créée en 1870) animées
par des intellectuels progressistes qui ont bâti les fondements de l’éducation
populaire. Enfin, au 19ème siècle, l’illettrisme des français
révélé par une enquête d’envergure amène
la problématique de la formation des adultes au cœur des débats
politiques.
Le 20ème siècle, empreint de l’ère industrielle, met
en exergue le manque d’ouvriers qualifiés. La Formation Professionnelle
deviendra dès lors une question fondamentale… En 1919, la loi Astier
institue en conséquence, des cours professionnels obligatoires pour les
apprentis souhaitant obtenir un Certificat d’Aptitude Professionnelle.
C’est alors que différents dispositifs se mettent en place tels
que la formation continue ouvrière (Association pour la Formation Professionnelle
de la Main d’œuvre connue sous le nom d’AFPA aujourd’hui),
les cours de perfectionnement (cours de promotion sociale) ou encore la promotion
supérieure du travail (Conservatoire National des Arts et Métiers).
Michel Debré, Premier Ministre, consécutivement aux résultats
d’une étude menée par le Commissariat Général à la
Productivité marquera l’histoire de la formation professionnelle
continue en France, à travers l’énoncé de dispositions
spécifiques de la loi du 31 juillet 1959.
Les trois principes majeurs relatifs à la future politique de Formation
Professionnelle seront les suivants :
Aide de l’Etat aux stagiaires (Ce principe aboutira à la
reconnaissance du droit au congé de formation)
Conventionnement entre
l’Etat et les centres de formation (Ce
principe conduira à la mise en œuvre des conventions de formation)
Coordination
de la politique de promotion sociale
La formation professionnelle continue va ainsi devenir le vecteur essentiel
d’une
politique active de l’emploi.
Les pouvoirs publics vont dès
lors promouvoir de nouvelles incitations législatives en faveur
de la formation continue.
La possibilité est alors offerte aux
salariés « de
compléter
les actions traditionnelles menées au sein de l’appareil
public de formation par la mise en place d’activités
de formation professionnelle organisées par des centres créés
par des établissements
publics, les entreprises, les organisations professionnelles ou syndicales.
Ces
centres pourront recevoir une aide financière de l’Etat
dans des conditions définies par des conventions » (Cf.
loi du 3 décembre
1966).
Mais c’est la loi de décembre 1968, suite aux
constats de Grenelle, qui déterminera les 5 types d’actions
de formation : actions de conversion, actions de prévention,
actions de promotion, entretien et perfectionnement des connaissances
et actions en faveur des jeunes. Cette typologie sera reprise par
la Loi n° 71-515 du 16 juillet 1971 et elle demeure toujours
le noyau directeur des politiques de formation. Cette loi de juillet
1971 reprend toutes les dispositions prévues par les 3 précédentes
(1959, 1966 et 1968), l’innovation essentielle étant
le caractère
obligatoire de la participation des employeurs au financement de
la Formation Professionnelle Continue puisque le Législateur
a prévu de placer
les employeurs au centre du dispositif et de les soumettre par
ailleurs à plusieurs
obligations en matière de financement et d’organisation
de la formation professionnelle continue.
La généralisation et l’accélération du rythme
de l’innovation technologique, les mutations profondes dans le contexte
socio-économique et l’accroissement de la concurrence imposeront
aux entreprises de développer flexibilité et capacité d’adaptation
accrue en vue de maintenir leur compétitivité.
Ces nouvelles exigences se répercuteront évidemment
sur les salariés,
cadres, professionnels libéraux et chefs d’entreprise,
obligés
de suivre l’évolution de la science, des techniques,
des organisations, en mettant constamment à jour leurs
compétences
et leurs qualifications.
De même, on constatera progressivement
une volonté manifeste des
entreprises et des pouvoirs publics en France, de développer
le capital humain par le biais de la formation professionnelle
continue. Dans le domaine de la santé, les décennies
1960 et 1970 sont marquées également
par un accroissement considérable des capacités
de formation, destinées
déjà, à pallier la pénurie de personnels
soignants diplômés.
Les méthodes de formation évoluent aussi beaucoup pendant cette
période : de 1969 à 1971, une étude est entreprise et des
actions menées en collaboration avec le CUCES de Nancy (Centre Universitaire
de Coopération Economique et Sociale) en vue de moderniser les méthodes
de formations appliquées en écoles d’infirmières,
pour améliorer l’organisation du travail soignant. Par ailleurs, à partir
des années 60, l’AP-HP aura valeur d’exemple, développant
les actions de formation continue, dans un triple souci : actualisation du savoir,
promotion professionnelle et mise en œuvre des objectifs stratégiques
de l’institution hospitalière.
Des centres de formation continue sont créés par filière
professionnelle : en 1967, pour accompagner le développement
des techniques infirmières, est mis en place le
Centre de Formation Continue des Personnels Hospitaliers
(CFCPH). Dans les années 80, le système
de formation s’enrichit de nouvelles structures
de formation continue, avec le Centre de Formation Techniques
et Ouvrières (CFTO), créé en 1982 à Bicêtre
et le Centre de Formation aux Techniques Administratives
(CFTA), créé en
1987. Les infirmières libérales, conformément à la
Loi n° 71-515 de juillet 1971, participent, elles
aussi, au financement de leur propre fond de formation
professionnelle continue.
Dans le cadre du Plan National
de Formation, elles bénéficient
actuellement de formations annuelles agréées
par le Fonds Interprofessionnel de Formation des Professions
Libérales, qu’elles finances elles-mêmes
par une cotisation annuelle prélevée par
l’URSSAF.
Dans le cadre conventionnel, la Caisse Nationale d’Assurance
Maladie, dans le but de garantir et favoriser l’amélioration
continue de la qualité des
soins infirmiers en médecine de ville aux assurés
sociaux, alloue une dotation annuelle qui permet aux
infirmières libérales de bénéficier
d’actions de formations agréées
par la Commission Paritaire Nationale.
Les coûts
pédagogiques et logistiques de ces actions de
formation sont pris en charge dans leur globalité par
cette dotation et les infirmières
libérales perçoivent une indemnité journalière
pour perte de ressources durant la durée totale
des actions de formation. La loi du 6 mars 2002, rénovant
les relations entre professionnels de santé et
Caisses d’Assurance Maladie, donne un élan
nouveau à la formation
professionnelle continue des infirmières libérales
dans le cadre conventionnel, au travers de la mise
en place de nouveaux contrats et accords conventionnels
entre professionnels de santé libéraux
et Caisses d’Assurance Maladie.
Favoriser l’engagement et la responsabilité des professionnels au
regard de leur pratique, réorienter les professionnels vers leur cœur
de métier, favoriser le décloisonnement entre les professionnels
de différents secteurs de prise en charge dans le cadre d’un système
de soins centré sur la personne soignée, autant de changements à impulser
dont la formation continue se veut en être le vecteur de progrès
majeur.
SANTE FORMATION, organisme gestionnaire de la formation
continue des professionnels de santé libéraux
conventionnés est un acteur essentiel
de cette évolution. Un de ses objectifs consiste
bien à faire prendre
conscience aux professionnels que la formation est
un droit, mais plus encore, un outil dynamique et
valorisant de leur exercice professionnel. L’évolution
de notre système de santé oblige ainsi
les professionnels à intégrer
aujourd’hui plus que jamais dans leurs pratiques,
la dimension véritable
d’éducation permanente telle que la
préconisait
jadis Condorcet.
SANTE FORMATION se veut, pour cela,
le promoteur d’une culture
nouvelle de la formation professionnelle continue.